La filiale française de la société américaine Uber a été condamnée, le 16 octobre 2014, à 100 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir présenté comme du covoiturage une offre payante de transport de particuliers. Le dg d'Uber France,Thibaud Simphal, a indiqué, dans un communiqué, son intention de faire appel du jugement.

Les juges de la 31e chambre correctionnelle ont notamment souligné l'existence d'une tarification prédéfinie, au kilomètre parcouru et au temps écoulé, avec un prix minimum, ce qui "ne correspond absolument pas à un partage de frais mais s'apparente bien au paiement d'une course".
Pour les juges, Uber a démontré son "intention manifeste de (...) contourner" la législation qu'il connaissait "parfaitement". "Ce comportement caractérise une parfaite mauvaise foi dissimulée derrière un discours qui se veut progressiste", selon le jugement.

Le tribunal a également condamné la filiale à diffuser sur ses deux sites français un avis rendant compte de sa condamnation et mentionnant notamment le fait que les utilisateurs de l'offre incriminée, baptisée UberPOP, "(risquaient) eux-mêmes des poursuites pénales".

L’appel étant suspensif, Thibaud Simphal a indiqué qu’Uber allait continuer de proposer sa solution UberPop en France. "Pendant un an encore, Uber va pouvoir se développer sur ce service-là. C'est extrêmement douloureux et difficile pour les entreprises françaises", a regretté Benjamin Cardoso, président de la Fédération française du transport de personnes qui représente les voitures de transport avec chauffeur - VTC). "Il faut bien comprendre que cela n'a rien à voir avec le VTC. Ce qui est condamné ici, c'est la pratique illégale d'Uber".

Parallèlement à son offre de VTC, la filiale française de la société américaine Uber a lancé le service Uber Pop en février 2014. Fin avril, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait saisi le procureur de la République de Paris afin d'engager des poursuites pour "pratiques commerciales trompeuses". L'Union nationale des taxis (UNT), la Chambre syndicale des loueurs d'automobile (CSLA) et le syndicat des taxis 78 (ST 78) s'étaient constitués partie civile.