En testant un système automatisé de comptage des passagers, la Sanef a un objectif : développer l’usage du covoiturage sur autoroute. Mais, avant de mettre en œuvre des voies réservées aux covoitureurs, voire des tarifications incitatives, la société autoroutière souhaite connaître précisément le taux d’occupation des véhicules.
 
C’est pourquoi, elle a fait appel à NEC, un groupe japonais leader dans l’intégration de technologies informatiques et réseaux. L’industriel nippon a mis au point un système avancé d’analyse d’images, appelé IDP (In-Car passengers detection). Ce système détermine automatiquement le nombre de personnes circulant à bord d’un véhicule grâce à une caméra. 
 
"Jusqu’à présent, il fallait des agents pour effectuer cette opération. Grâce à notre système doté de capteurs infrarouges, ce n’est plus nécessaire" , indique Benoist Gadet, responsable du développement commercial chez Nec France.
 
Deux mois de tests
 
Cette expérimentation sera menée au péage de Montesson sur l’A14 dans le sens Paris-province. Ce point de passage a été choisi pour son trafic (30 000 véhicules par jour), mais aussi parce que cet axe est l’un des points d’accès majeur à Paris.
 
"La région parisienne est complètement congestionnée. Or, développer le covoiturage est un levier pour fluidifier le trafic ", poursuit le responsable commercial.
 
Cette solution, testée au Japon, se déroulera pendant deux mois à partir du mois de novembre. Les informations recueillies par la caméra seront transmises à la Sanef qui effectuera les analyses.
 
Si le test est concluant, ce système pourrait faciliter la mise en œuvre de voies, lignes de péage et de parkings réservés au covoiturage. Lors de pics de pollution, ce serait aussi un moyen d’autoriser (et de contrôler) les véhicules circulant avec plusieurs passagers.
 
"Depuis de nombreuses années, la Sanef est soucieuse de développer le covoiturage ", rappelle Cathy Lazare, chargée des relations institutionnelles pour la société d’autoroute. Cette volonté s’est traduite par la création sur son réseau de 500 places de stationnement réservées au covoitureurs. "Nous prévoyons d’en créer 400 autres dans le cadre du plan de relance autoroutier."
 
Christine Cabiron