L'Association des Régions de France (ARF) dénonce, dans un communiqué, les "annonces sans lendemain" faites par le gouvernement concernant les relations entre l'État et les Régions françaises. Pour l'association d'élus présidée par Philippe Richert, président de la région Alsace, il y a un décalage entre la volonté affichée par le président de la République et le Premier ministre d'une part et "plusieurs ministres" d'autre part, le second ne partageant pas le souhait des premiers de "renforcer les compétences des régions."

Exemple de ce double discours, les annonces concernant la nouvelle feuille de route des trains d'équilibre du territoire (TET) qui doit être rendue publique le 19 février 2016. Philippe Richert déplore de n'avoir jamais été reçu par Alain Vidalies "malgré ses nombreuse demandes de rendez-vous". Le secrétaire d'État aux Transports s'est contenté d'un "simple appel téléphonique dans lequel il a rejeté brutalement toutes les propositions du président de l'ARF", explique le communiqué.

Ce que souhaitent les Régions, c'est que l'on renouvelle rapidement la flotte de trains à bout de souffle "en commandant des versions spécifiquement développées pour les TET sur la base des trains régionaux existants Regiolis et Regio 2 N produits par Alstom et Bombardier."

Or, selon l'ARF, les annonces envisagées par l'État, "apparaissent en décalage total" avec leur souhait. Début février, une dizaine de sénateurs avaient lancé un appel dans le même sens.

Cette proposition "permettrait aussi de répondre au risque de baisse de charge de travail chez Alstom et Bombardier qui mettrait en péril des milliers d'emplois". S'il fallait passer par une procédure d'appel d'offres cela induirait "un délai supplémentaire de près de trois ans", avertit l'ARF.

Philippe Richert en appelle à "l'arbitrage" du Premier ministre pour que "cette nouvelle donne (ndlr les relations État-Régions) soit réellement suivie d'effet et qu'elle ne soit pas prise en otage par l'attitude d'un membre du gouvernement."

Robert Viennet