Les taxis ont annoncé avoir lancé un "ultimatum" de 15 jours au gouvernement pour qu'il mette fin au "travail dissimulé" que représente à leurs yeux UberPOP. Ce service met en relation des particuliers et des conducteurs non-professionnels, une activité interdite et visée par la loi Thévenoud du 1er octobre 2014 qui a renforcé les sanctions. La filiale française de l’entreprise américaine a d'ailleurs été condamné en correctionnelle à 100 000 euros d'amende, mais a fait appel et continue à proposer UberPOP.

"Conscientes que des procédures sont actuellement en cours, traînées en longueur par la société Uber (...), les organisations professionnelles de taxi ont décidé d'interpeller officiellement le Premier ministre pour comprendre pourquoi le gouvernement, les services de l'ACOSS-URSSAF ou fiscaux ne sanctionnent pas de façon plus radicales les travailleurs clandestins", ont indiqué les organisations dans un communiqué daté du 9 avril 2015.

Les 14 organisations professionnelles préviennent que sans réponse "elles prendraient les mesures nécessaires pour préserver leur profession et leur avenir". "Nous lui donnons un ultimatum de 15 jours pour essayer de trouver une solution à ce problème", a indiqué le président de la Fédération nationale du taxi (FNDT), Didier Hogrel à l'AFP. A défaut, les taxis envisagent des actions de "grève fiscale, de grève de charges sociales", a-t-il détaillé, mais "pas de mouvements de rue spectaculaires, qui nous rendent plus impopulaires qu'autre chose".

Ce développement intervient alors que le 31 mars, la cour d'appel de Paris a reporté sa décision concernant UberPOP et n'a pas prononcé de mesure d'interdiction à titre conservatoire comme demandé devant le tribunal de commerce. Uber a en outre obtenu récemment la transmission de trois questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel. L'entreprise est aussi passée à l'offensive à Bruxelles, déposant des plaintes contre la France, l'Allemagne et l'Espagne.

(AFP)