Uber était déjà disponible à Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux et Nice. L'ouverture de trois nouvelles villes montre qu'"on poursuit sereinement notre croissance en France sur un marché qui a un énorme appétit pour notre
produit", a déclaré à l'AFP Alexandre Molla, directeur général expansion d'Uber France. Les taxis de Marseille et Nantes ont obtenu, le 9 juin 2015, l'interdiction de l'application UberPOP. Les préfectures des départements des Bouches-du-Rhône, pour Marseille, et de Loire-Atlantique pour Nantes, ont annoncé des arrêtés interdisant
dans ces villes l'activité de transports UberPOP et un renforcement des contrôles.

Dans les trois nouvelles villes, "on a décidé de lancer uniquement UberPOP (...) évidemment ce n'est que le début, et souvent UberPOP est une belle voie vers la professionnalisation" des chauffeurs, a affirmé M. Molla.
Selon lui, "une offre VTC devrait suivre dans les semaines ou les mois qui arrivent". La loi impose aux chauffeurs VTC de suivre une formation de 250 heures.

M. Molla a assuré que les consommateurs attendaient Uber avec impatience, affirmant qu'"à Marseille, c'est quasiment 100.000 personnes qui avaient ouvert l'application ces derniers mois" sans pouvoir bénéficier du service. "Nantes, c'est 12.000 et Strasbourg, c'est 8.000". En France, Uber - valorisé à quelque 50 milliards de dollars selon la presse américaine - revendique plus d'un million d'"utilisateurs réguliers" pour son application,dont 400.000 qui recourent à UberPOP.

Des taxis ont réagi avec vigueur lundi à l'arrivée de cette nouvelle concurrence qu'ils jugent déloyale. Une centaine de chauffeurs de taxis marseillais ont ainsi envahi un hôtel de la cité phocéenne et y ont empêché la tenue d'une réunion de recrutement de chauffeurs UberPOP, a constaté un journaliste de l'AFP. "On paye des charges sociales, une licence, un crédit, une assurance ; eux ne payent rien, c'est un scandale", s'est écrié Rachid Boudjema, secrétaire général des taxis marseillais, devant la presse.

Des chauffeurs de taxi ont organisé une opération du même genre dans un hôtel de Nantes, où une réunion similaire avait été organisée par Uber. "UberPOP = travail dissimulé", pouvait-on lire sur des tracts collés par
les chauffeurs sur leurs voitures. La mobilisation s'est poursuivie en fin d'après-midi, avec des perturbations notamment aux abords de l'aéroport de Nantes-Atlantique. Alors que la préfecture n'a pas satisfait leur demande d'interdire les activités d'Uber, les représentants syndicaux des chauffeurs de taxi ont annoncé de nouveaux blocages, mardi dès 07H00, de plusieurs points stratégiques d'accès à la ville ainsi que dans les transports en commun.

A Strasbourg, les taxis en colère ont également é la préfecture pour demander qu'un arrêté interdise les activités d'UberPOP. "C'est aux autorités de prendre leurs responsabilités. Nous, nous n'allons pas manifester pour faire appliquer une décision de justice", a dit à l'AFP Daniel Guth, président du Syndicat autonome des taxis urbains et ruraux du Nord-Est (Saturne).

De son côté, Benjamin Cardoso, président de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR, qui représente les VTC), s'est dit "très étonné voire choqué de l'absence de réaction radicale et efficace de la part du gouvernement" face au développement d'UberPOP en France. "C'est un service qui paupérise le métier de chauffeur et qui ne fait face à aucune concurrence puisque les concurrents ne peuvent pas s'établir sur un marché qui est considéré comme illégal", a-t-il expliqué à l'AFP.

(AFP)