Jeudi 25 juin 2015, folle journée. Près de 3000 taxis ont manifesté et bloqué dès le matin les accès aux principaux aéroports et gares de Paris. Au total, une trentaine de points de blocage ont été recensés en France dont Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nice et Marseille. Bilan : 10 personnes interpellées, 7 policiers blessés, 70 véhicules dégradés...

Folle journée conclue par François Hollande qui a "condamné", dans la nuit de jeudi à vendredi, les "violences inacceptables" commises lors des manifestations des chauffeurs de taxi. Le président de la République a estimé qu'UberPop devait être "dissous et déclaré illégal".

Un arrêté d'interdiction

Entre-temps, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé lors de son déplacement à Marseille qu'il avait "donné instruction au préfet de Paris, compte tenu des troubles graves à l'ordre public et du développement de cette activité illégale, de prendre ce jour un arrêté interdisant l'activité UberPop". Dans la foulée, cet arrêté d'interdiction a été pris par le préfet de police de Paris.

Parallèlement, le ministre de l'Intérieur a saisi le procureur de la République de Paris contre le service UberPOP, dénonçant notamment un "délit d'organisation d'activités illicites de transports de personnes", dans un courrier dont l'AFP a obtenu une copie. Bernard Cazeneuve signale à la justice que ce service "est susceptible de caractériser le délit" d'organisation d'activités illicites de taxis ou de transport de personnes, passible de "deux ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende".

Dans les mains de la justice

Le ministre de l'Intérieur a écourté son déplacement à Marseille pour recevoir plusieurs fédérations patronales de taxis (Unit, Fnat, CSAT) en fin de journée à Paris. "Le gouvernement ne sera jamais résolu à la loi de la jungle. UberPOP est un service illégal, il doit être fermé", a promis dans la soirée Bernard Cazeneuve après son entretien avec les syndicats de taxis.

Des son côté, le directeur général d'Uber France, Thibaud Simphal a déclaré que le ministre de l'Intérieur "n'a pas le pouvoir d'interdire une application. Seul le juge peut le faire. Il y a des procédures en cours". Bernard Cazeneuve a d'ailleurs reconnu qu'une fermeture de l'application, ne pouvait résulter que d'une décision de justice. 

Un UberPOP imperturbable

En attendant, le ministre de l'Intérieur a demandé que les véhicules UberPOP soient "systématiquement saisis lorsqu'ils sont pris en flagrant délit" et annoncé une nouvelle réunion avec les syndicats le 3 juillet. Nul doute que d'ici là, l'arbre UberPOP qui cache la forêt des VTC dans le collimateur des taxis, sera déraciné... Uber a indiqué qu'il conteste systématiquement les arrêtés d'interdiction pris dans les départements et qu'en l'absence de décision de justice, UberPOP peut continuer son activité.

Florence Guernalec (avec AFP)