Les deux navettes autonomes Navly qui circulent depuis le 2 septembre 2016 dans le quartier de la Confluence transportent en moyenne 2.500 personnes par mois. "En cumulé, cela représente 11.500 personnes. Il s’agit essentiellement de curieux qui veulent découvrir ce mode de transport, sachant qu’il y a aussi quelques salariés en correspondance avec le tramway qui vont déjeuner au centre commercial", précise Pascal Jacquesson, le directeur général de Keolis Lyon.
 
Ces deux minibus électriques ont été conçus par Navya en partenariat avec Keolis. Depuis leur lancement, quelques ajustements techniques ont dû être apportés à cette technologie. Le premier concerne le système de chauffage. "Nous avons dû redimensionner les batteries, car elles n’étaient pas suffisamment puissantes pour garantir une bonne température dans les véhicules". En clair, les passagers avaient froid.
 
Beaucoup moins de freinages intempestifs
 
La seconde amélioration concerne le système de freinage. "Au début, nous en avions entre dix et quinze par jour. Aujourd’hui, il y en a de moins en moins." Pour rectifier le tir, les concepteurs ont fait évoluer le logiciel qui permet la reconnaissance en trois dimensions de l’environnement.
 
"Il y a trois systèmes de géolocalisation qui sont redondants , explique le directeur général. Pour des questions de sécurité, si l’un des trois diverge des deux autres, le véhicule s’arrête."  Cela s’est notamment produit lorsque la ville de Lyon a changé le modèle des poubelles publiques.
 
"Le système informatique n’ayant pas reconnu le nouveau modèle, les navettes s’arrêtaient !" Et Pascal Jacquesson de faire un parallèle avec les premiers métros automatiques : "Au début, ils s’arrêtaient fréquemment. Aujourd’hui, c’est une technologie éprouvée."
 
Côté autonomie, les deux navettes n’ont rencontré aucun problème. Elles sont rechargées à la mi-journée pour que la capacité d’énergie ne soit jamais inférieure à 20%. Elles circulent du lundi au vendredi de 7h30 à 19h00 à raison d’une fréquence de dix minutes en heures de pointe et de vingt minutes le restant de la journée.
 
De sérieuses pistes de développement
 
Ce système de déplacement semble être dans l’air du temps. "Nous avons reçu de nombreuses délégations de collectivités françaises et étrangères intéressées par ces navettes autonomes", indique Pascal Jacquesson.
 
Keolis et Navya affirment avoir de nombreuses pistes de développement en perspective dans le monde entier. "Ce sont plus que des pistes, ce sont des demandes d’expérimentation comme celles que nous menons à Lyon." Navya a d’ailleurs décroché des marchés au Japon et aux États Unis.
 
En attendant, et alors que les beaux jours se profilent, Keolis étudie actuellement la possibilité de faire circuler les minibus lyonnais pendant les week-ends. L’intérêt est de les mettre au service des déplacements dits de loisirs. "Le quartier de la Confluence est très agréable. Il y a de nombreux cafés et restaurants avec terrasses où les Lyonnais aiment se rendre", constate Pascal Jacquesson. Les deux partenaires souhaiteraient également que cette expérimentation soit prolongée au-delà de 2017.
 
Christine Cabiron