Après la taxe carbone, l'écotaxe poids lourds. Le 18 avril 2010, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a en effet annoncé que l'entrée en vigueur de cette taxe écologique sur les camions, prévue dans le Grenelle de l'environnement pour 2011, était repoussée à 2012.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a expliqué le 21 avril sur LCI que le report de l'écotaxe était dû à la complexité du système à mettre en place et au délai demandé par les entreprises sollicitées pour l'appel d'offres.
"Les Allemands qui l'ont mis en place (outre-Rhin, la taxe s'appelle LKW Maut Ndlr) avant nous ont pris cinq à six ans de retard", a-t-il ajouté.

"Donc on a une année de retard technique, à la demande des entreprises qui n'arrivent pas à répondre à notre appel d'offres pour gérer le système. Ce n'est pas du tout un recul politique, c'est un problème technique" a insisté Domlinique Bussereau, expliquant que le système sera testé en Alsace "dès le 2011" et qu'il devrait être opérationnel sur l'ensemble du territoire en 2012.


1,2 milliard d'euros par an

Cette éco-redevance perçue sur l'usage de certaines axes routiers par les poids lourds repose sur le principe d'internalisation des coûts réels du transport routier de marchandises (dégradation de la voirie, santé publique, pollution...) en vue de rééquilibrer le fret vers des modes alternatifs (rail, fluvial).

Si elle voit le jour, la taxe concernera tous les camions de plus de 3,5 tonnes, soit environ 600 000 camions français et 200 000 étrangers, sur les 12 000 km de routes nationales et des 2 000 km de routes départementales concernées. Elle devrait rapporter environ 1,2 milliard d'euros par an, selon le ministère de l'Ecologie.


Alimenter l'AFITF

"Le Gart s'inquiète de ce délai supplémentaire dans la mise en place d'une véritable fiscalité en faveur du report modal tant dans le transport des marchandises que dans celui des voyageurs", lit-on dans le communiqué du Groupement des autorités responsables de transport.

Les sommes collectées doivent revenir à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) pour financer des projets d'infrastructures alternatives à la route. "De fait, l'AFITF être privée de ressources pérennes jusqu'à 2013", fustige le Gart. Dans l'attente, le budget de cette agence devra donc reposer majoritairement sur les crédits de l'Etat. Une manne peu pérenne (lire l'encadré sur la réforme de l'AFITF).

Dans la loi Grenelle 1, l'Etat s'est engagé à concourir au financement des projets de Transport collectif en site propre (TSCP) hors Ile‐de‐France à hauteur de 2,5 milliards d'euros. Une quarantaine d'agglomérations porteuses de 50 projets de métro, tramway, BHNS etc.  seront candidates au second appel à projets de TCSP que s'apprête à lancer Jean‐Louis Borloo. La question de leur financement reste entière.