L'imbroglio juridique devant lequel se trouve la Région Ile-de-France et l'Etat depuis l'avis négatif rendu le 28 octobre 2010 par le conseil d'Etat sur le Schéma directeur de la région Ile-de-france (Sdrif) semble inextricable.

Estimant que "les dispositions de la loi du 3 juin 2010 sur le Grand Paris affectaient de manière importante le projet et les grandes orientations d'aménagement retenues par le schéma régional", les Sages de la rue de Valois n'ont en effet "pu donner un avis favorable" au projet de décret approuvant le nouveau Sdrif voté le 25 septembre 2008 par le conseil régional à majorité de gauche (lire l'article précédent sur le sujet).


Deux révisions sinon rien

Au cours d'une conférence de presse lundi 7 novembre, Jean-Paul Huchon et son vice-président du Grand Paris Jean-Luc Laurent, ont estimé que le gouvernement s'était "pris les pieds dans le tapis" et qu'il n'y avait maintenant pas d'autre solution que de "réviser la loi sur le Grand Paris" et de "réintégrer le Sdrif, lui-même révisé, dans la loi".

En effet, "à partir du moment où le décret en conseil d'Etat ne peut pas approuver le schéma directeur, il n'y a pas d'autres voies que la voie législative", ont lancé les élus régionaux.


"Malfaçons, gâchis"

Jean-Paul Huchon rejette l'entière responsabilité de ce blocage sur l'Etat et " l'entêtement" du gouvernement à faire voter la loi Grand Paris.
"En votant cette loi, le gouvernement et le Parlement ont participé à cette situation de blocage. C'est au Parlement de la débloquer en remettant à plat la loi Grand Paris pour en corriger l'ensemble des malfaçons, il faut une nouvelle loi, c'est au gouvernement de prendre ses responsabilités", ont-ils ajouté.

Sinon "il n y aura pas de schéma directeur d'aménagement permettant la réalisation de centaines de projets capitaux pour l'emploi et le développement économique", a conclu Jean-Paul Huchon rapellant que le précédent schéma directeur remonte à 1994 et n'est plus compatible.

Nathalie Arensonas