La présentation devant la presse, le 2 novembre 2010, des conclusions du rapport d'évaluation du Grenelle de l'environnement a pris des allures de tremplin vers Matignon pour Jean-Louis Borloo.
Rédigé par des experts indépendants en collaboration avec le cabinet Ernst & Young, ce rapport évalue les avancées du Grenelle dans les domaines de l'urbanisme, du transport, de l'habitat, de l'énergie, biodiversité etc.

Appuyés par les résultats très favorables d'un sondage Ifop commandé par le ministère de l'Ecologie où les Français plébiscitent largement l'initiative du Grenelle (lire l'encadré), les experts qui ont remis leur rapport au ministre de l'Écologie apportent un éclairage extrêmement positif sur les engagements du Grenelle.

"Après trois années, le Grenelle se traduit par des réalisations emblématiques et structurantes", estime le comité d'évaluation composé entre autres du climatologue Jean Jouzel, du sénateur UMP Jean-François Le Grand, du Pr Alain Grimfeld et de Bruno Gazeau, délégué général de l'Union des transports publics et ferroviaires (au centre sur la photo).

Lucide, Nicole Notat, présidente de l'agence de notation sociale Vigeo et également membre du comité d'évaluation, a estimé que l'objectif de ce travail collectif était de "ranimer la flamme du Grenelle". NOtamment affaiblie notamment par les critiques émises fin octobre par une dizaine d'ONG déplorant "l'absence criante de mesures réellement efficaces" dans la lutte contre le changement climatique.
 

Nouvel espoir pour les TCSP ?

Selon le rapport, plus des trois quarts des 268 engagements pris en octobre 2007 par le Grenelle sont aujourd'hui "réalisés" ou "en cours de réalisation". Estimant qu'une "dynamique est en marche".

"Dans les transports, sur les 34 engagements, trois sont réalisés, 22 sont en cours et 9 méritent d'être réorientés, a indiqué Bruno Gazeau qui a pointé du doigt l'effet pervers de la prime à la casse qui a, selon lui, ralenti le report de l'usage de la voiture particulière vers les transports collectifs.
"Avec le déploiement des projets de transport collectifs en site propre (TCSP) dans les deux appels à projets du Grenelle, on peut espérer que cette tendance va s'inverser", a noté le délégué général de l'UTP.

Interrogé par Mobilicités.com sur le montant des subventions que l'Etat doit apporter à la soixantaine de projets de TCSP présentés par les collectivités locales le 8 octobre (lire l'article "L'Etat n'est pas au rendez-vous"), Jean-Louis Borloo a répondu que "la clé de répartition sera la même que pour le premier appel à projets de 2008". Soit 20% de la dépense subventionnable.

Ce qui diffère des propos tenus par Dominique Bussereau lors de son audition le 12 octobre devant l'Assemblée nationale : le secrétaire d'Etat aux Transports indiquait alors que "l’État apportera entre 300 et 500 millions pour le deuxième appel à projets TCSP". On était loin des 800 millions d’euros qui avaient été affectés par l’Etat au premier appel à projets.

A quelques semaines de son départ de l'avenue de Ségur, Jean Louis Borloo laisse donc entendre clairement que l’enveloppe sera elle aussi de 800 millions d’euros. A condition, bien sûr, que le jury (composé de représentants des ministères concernés, de l'Anru, du Gart et de l'Ademe) retienne autant de projets qu'en 2008. Réponse en décembre.

Nathalie Arensonas et Robert Viennet