Officiellement marié le 4 mars 2011, le couple Veolia Transdev divorce déjà. Dans un point presse organisé le 6 décembre 2011 avant de démarrer une journée investisseurs, Antoine Frérot a confirmé l'abandon de l'activité transport pour se "désendetter significativement" et recentrer les activités du groupe sur trois métiers : l'eau, la propreté et l'energie.
La dette du groupe représente 15 milliards d'euros, en se désengageant du transport, il va déconsolider 900 millions de dette liée à Veolia Transdev.

"Veolia n'est pas le mieux placé pour assurer un bel avenir à Veolia-Transdev, a commenté le patron de Veolia Environnement. Pour rappel, le groupe avait finalisé l'opération de fusion de son activité transports publics avec Transdev (Caisse des dépôts et consignations), mi-2011 pour devenir le géant mondial des transports publics dirigé par Jérôme Gallot, fort d'un chiffre d'affaires de plus de 8 milliards d'euros (lire).

"Nous avons revisité l'ensemble de nos activités et avons décidé de céder celles qui ne sont pas essentielles à notre transformation et à notre avenir, nous avons donc pris la décision stratégique de rechercher de nouveaux actionnaires pour l'activité transport", a-t-il ajouté, observant que cette activité a "moins de synergies" avec ses autres métiers. "Le transport est une activité capitalistique et ne rentre pas dans nos priorités d'investissement", a t-il ensuite justifié.


Quel repreneur ?

L'abandon par Veolia de son activité transport se fera "soit par cession de tout ou partie de nos 50%, soit par dilution" progressive, et doit être effective d'ici à fin 2013, date à laquelle le groupe veut avoir terminé son recentrage.

Alors, qui pourrait racheter les 50% de parts détenus par Veolia dans le groupe récemment fusionné ? "Il y a trois types d'actionnaires qui peuvent être intéressés par cette activité : notre partenaire actuel, la Caisse des Dépôts (CDC), mais également des investisseurs financiers intéressés par l'activité transport voire,  des investisseurs industriels", a répondu laconiquement Antoine Frérot.

"Des premiers s ont déjà été pris", a t-il ajouté, se refusant à citer lesquels. Keolis, le candidat malheureux quand la décision de fusionner Transdev avec Veolia avait été prise en 2009? Difficile d'imaginer que la la filiale de la SNCF puisse tenir une position aussi monopolistique en France.
Ratp Dev qui avait aussi échoué à prendre les commandes de Transdev et avait décidé de vendre les 25% de parts que possédait la RATP dans Transdev (il avait obtenu des actifs en contrepartie) ? Avec une dette de près de 5 milliards, et un nouveau plan d'investissement en Ile-de-France de 1,8 milliard d'euros (lire), le morceau serait trop gros à avaler pour le groupe.
Des Britanniques comme First qui n'a pas réussi à entrer en France par croissance externe ? Ou la CDC qui monterait à 100% du capital ? Dans un communiqué du 6 décembre, la Caisse assure n'avoir "aucun projet de désengagement ni à court ni à moyen terme" de Veolia Transdev, mais n'exclut "aucune option" après le choix de Veolia de vendre sa part dans cette coentreprise.


"Au moins trois grands groupes concurrents"

Les élus du transport réunis au sein du Groupement des autorités responsables de transport (Gart) présidé par Roland Ries, maire PS de Strasbourg ont également réagi par voie de communiqué pour rappeler qu'"Il est très important que le paysage des transports publics en France soit composé d'au moins trois grands groupes susceptibles d'apporter aux autorités organisatrices de transports des offres innovantes et efficaces pour accompagner leurs politiques de report modal au moindre coût pour la collectivité locale (...) Le Gart sera donc très attentif aux décisions qui seront prises dans le but d'associer de nouveaux partenaires au capital de ce groupe".
 

Nathalie Arensonas