Les régions vont-elles devancer l'appel en expérimentant la concurrence pour l'exploitation de leurs transports ferroviaires régionaux, avant la date prévue de 2019 ? C'est ce qu'espère Arriva, le groupe racheté par la Deutsche Bahn en 2010.  L'opérateur allemand propose la mise en place de quatre projets pilotes en France qui "serait lancés en janvier 2015 et opérationnels fin 2016".
Soit deux ans avant 2019, la date prévue par le règlement européen pour la l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional.

Dans un document d'une quarantaine de pages intitulé "Libéralisation et ouverture à la concurrence du marché régional en Europe", Arriva explique ce qui fait, selon lui, l'intérêt économique de cette initiative. Pour David Martin, directeur général du groupe d'origine britannique, elle permettrait aux régions françaises "d'économiser 20 à 30% de leurs coûts".


Devancer l'appel ?

Expérimenter la concurrence sur les lignes TER est une idée dans l'air depuis plusieurs années. En 2008, Adrien Zeller, alors président de la région Alsace en avait évoqué la possibilité pour certaines lignes de son territoire. Son successeur André Reichardt ne l'a pas suivi sur ce plan, préférant renouveler sa convention avec la SNCF début 2010.

En décembre 2011, en clôture des assises du ferroviaire, Nathalie Kosciusco-Morizet, alors ministre de l'Ecologie et des Transports avait décidé d'autoriser les régions volontaires à expérimenter la concurrence sur les lignes TER.

Enfin, en juin 2012, juste après l'élection de François Hollande, le Conseil économique social et environnemental (CESE) proposait le lancement de ce type d'expérimentation à partir de 2015. Frédéric Cuvillier, l'actuel ministre délégué aux Transports,  s'est toujours déclaré hostile à cette ouverture anticipée qui doit intervenir selon Bruxelles, au plus tard en 2019 dans les Etats membres de l'Union européenne.

Aujourd'hui en France, seuls le fret ferroviaire et les lignes internationales sont ouvertes à la concurrence.


Robert Viennet