Malgré le moratoire décidé par le maire de Clermont, Serge Godard (lire son interview), sur la possible ouverture du capital de la SEM des transports urbains de sa ville et l'entrée de la RATP (seule entreprise à avoir répondu à l'appel à intérêt), plusieurs syndicats observent une nouvelle grève depuis le vendredi 29 septembre. Jour de la présentation devant les élus du rapport d'audit sécurité sur le tramway qui déraille ou tombe en panne trop souvent depuis son entrée en service en 2006.

Seules les lignes de bus qui sont assurées par des transporteurs en sous-traitance (31, 32, 34, 35 et 36) sont assurées, ainsi que les services de transport à la demande, "Moovicité".
Pour rappel, c'est la quatrième grève depuis fin juin 2011, dans le cadre d'un préavis de longue durée qui court jusqu'à décembre 2011. Suivie à 94% par le personnel de conduite selon la direction de T2C, la grève a été reconduite et le trafic était toujours extrêmement perturbé le 4 octobre.

En cause, le vote par les élus du Syndicat mixte des transports clermontois (SMTC), fin juin, de l'ouverture du capital de la Sem à hauteur de 20%, en espérant que la RATP entre dans la Sem et apporte ainsi son expertise en matière d'exploitation du tramway sur pneus fabriqué par Lohr.


10 rames immobilisées sur demande du préfet

Après un nouveau "déguidage" en janvier 2011, le préfet du Puy de Dôme avait par ailleurs demandé au SMTC de faire réaliser un audit de sécurité. Il a été confié fin juillet à Systra, filiale de la RATP et de la SNCF.
Mi-septembre, après une réunion entre Systra et le SMTC, il a déjà été convenu d'immobiliser 10 rames (sur 24) pour "remise à niveau techniques d'organes de sécurité", et effectuer dans un deuxième temps "des réglages et des échanges d'organes sur 6 autres rames".

Dans un communiqué du 22 septembre, la société exploitante T2C dont la direction voit d'un mauvais œil l'arrivée de la RATP dans ses murs et ses ateliers, rétorquait que "pour trois de ces rames, les motifs de l'arrêt sont sans rapport aec l'objet de l'audit" de Systra.

Mais surtout, T2C demande la révocation de Systra au motif qu'elle est une filiale de la RATP, et donc juge et partie. Selon les avocats de T2C cités par Le quotidien La Montagne, l'expert de Systra est même "un transfuge de la société Thales qui a personnellement participé à la réalisation du tramway. On retrouve sa présence dans la société Lohr", affirment-ils.


Nouvelle AG le 4 octobre

Une première tentative de réunion le 3 octobre au matin a échoué en raison de l'"occupation" de l'Hôtel de ville, selon le maire de Clermont, Serge Godard, dans un communiqué. Mais des syndicalistes et le maire, également président de l'autorité organisatrice des transports (SMTC), ont pu discuter plus de deux
heures en fin d'après-midi.L'assemblée générale des grévistes ne s'est pas satisfaite des concessions
faites de part et d'autre. Une nouvelle AG était prévue le 4 octobre.

Nathalie Arensonas