L'augmentation du prix de l'amende forfaitaire de stationnement intervenu le 1er août 2011, c'est un peu l'arbre qui cache la forêt. Pendant que le débat occupait l'espace médiatique début 2011 pour finir par un PV à 17 euros au lieu de 11, un parlementaire UMP, Louis Nègre, planchait sur un sujet autrement plus explosif : celui de la décentralisation et de la dépénalisation du stationnement.

Le même Louis Nègre, sénateur-maire des Alpes-Maritimes, s'est déjà vu refusé un amendement en ce sens dans la loi Grenelle 2 alors qu'en 2007, Nicolas Sarkozy alors candidat à la présidentielle, s'était prononcé pour l'application de cette réforme.


Les maires, maîtres de la voirie

Décentralisation et dépénaliser, cela signifie la possibilité pour les maires d'être maître de la voirie et de définir la politique de stationnement de leur ville. Cela passe par la modulation du montant de la pénalité due par l’automobiliste, Louis Nègre envisageant une tarification différenciée pour les résidents, les trajets domicile-travail ou les clients des commerces.

"Le stationnement des voitures en voirie est au cœur de la problématique de la mobilité urbaine. Parce que l’espace public est rare, et parce que maîtriser le stationnement, c’est maîtriser les flux des automobiles, peser sur les arbitrages entre transports collectifs, modes doux, véhicules particuliers et véhicules individuels à usage collectif est primordial", martèle l'infatigable défenseur du dossier.


Une "redevance administrative"

Que propose précisément le rapport remis au gouvernement le 7 décembre ? De transformer l'amende pénale en redevance administrative, confiée aux communes et intercommunalités qui auraient ainsi la maîtrise de ce chaînon de la politique de mobilité.

Les élus du transport réunis au sein du Groupement des autorités resposnables de transports (Gart, dont Louis Nègre est vice-président), "s'associe d'autant plus à la démarche que les préconisations du rapport s'inscrivent dans le droit fil des revendications des autorités organisatrices de transport. Dans le contexte budgétaire très contraint et la nécessité d'engager une politique de report modal pour réduire l'empreinte environnementale de nos déplacements, la dépénalisation et la décentralisation du stationnement payant de surface est une mesure permettant d'assurer une meilleure maîtrise de la voirie, de rendre un meilleur service aux automobilistes et aux usagers des transports publics, et de contribuer à l'amélioration de la qualité de vie en ville".

Le Gart espère que ce rapport permettra une modification prochaine de la réglementation "pour qu'enfin, les autorités organisatrices de transport puissent disposer de ce levier essentiel de toute politique de mobilité", conclue le communiqué.

Nathalie Arensonas