La guerre que se livrent les deux constructeurs ferroviaires, Alstom et Siemens, remonte jusqu'au gouvernement qui se fend d'un communiqué, le 7 octobre 2010.
Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo et le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau y font tous deux part de leur "stupéfaction" après la commande par Eurostar de trains à grande vitesse à Siemens.

Selon l'AFP, le contrat porte sur près de 600 millions d'euros, montant non confirmé par Siemens. C'est sûr, la perte de cet appel d'offres est un revers important pour le constructeur français Alstom, fournisseur de la flotte actuelle de TGV de la ligne Eurostar mais fallait-il que le gouvernement s'en mêle ?


"Non conforme aux règles de la sécurité"

Officiellement, cette ingérence se fait au nom de la sécurité dans le tunnel sous la Manche.
Dans leur communiqué, les deux ministres affirment en effet que "l'appel d'offres n'est pas conforme aux règles de la sécurité actuelles (...) La France, pleinement responsable de la sécurité sur la partie française du tunnel sous la Manche, ne saurait accepter des conditions d'exploitation qui ne garantiraient pas un maintien voire une amélioration des conditions de sécurité dans cet ouvrage sous-marin exceptionnel de 54 km de long. Les trois incendies qui se sont produits dans le Tunnel en 1996, 2006 et 2008 ont mis en évidence l'intérêt de règles de sécurités particulières qui ont été régulièrement notifiées à la Commission européenne et publiées sur le site de l'Agence ferroviaire européenne. Il s'agit là d'une responsabilité pénale des décideurs", poursuit le  communiqué du gouvernement.

Selon le gouvernement, aucune étude complète n'assure que la présence dans la motorisation répartie de transformateurs sous les wagons voyageurs ne présente aucun risque de dégradation du niveau de sécurité.
De son côté, Eurostar assure que la France avait donné son accord au printemps 2010 aux spécifications techniques de cet appel d'offres.

Nathalie Arensonas