François Fillon a écrit au maire de Paris mi-janvier pour lui indiquer que l'Etat, propriétaire des berges ne peut "dans l'immédiat" autoriser les travaux qui devaient théoriquement démarrer en mars 2012 le long de la Seine, à Paris.
Ces aménagements de "reconquête" des voies sur berges prévoyaient une piétonnisation partielle des quais d'ici à l'été. C'est raté. "Je vous informe que l'Etat n'entend pas signer de convention avec la Ville de Paris ou prendre toute décision relative aux travaux préparatoires prévisionnels, a-t-il écrit à Bertrand Delanoë, soulignant "qu'en l'état (...), il ne paraît pas possible que l'Etat accepte de passer sous silence les manquements et les défauts du projet".


Avis favorable mais des réserves

Pour justifier sa décision, François Fillon invoque les deux réserves émises à l'automne 2011 par la commission d'enquête d'utilité publique qui, malgré un avis favorable, avait demandé la reversibilité du projet et le lmaintien de l'activité portuaire. Enfin, le gouvernement s'appuie sur les critiques de la droite parisienne et du milieu économqiue qui s'inquiètent des risques d'embouteillages.

"Ce diktact du gouvernement est inacceptable dans sa méthode, son contenu et son principe", rétorque, furieux, le maire de la capitale dans un communiqué de presse. Depuis trois ans que la Ville développe ce projet, elle n'a reçu aucun avis négatif formel, même si le projet est contesté par l'opposition.


"Un choix partisan" selon Delanoë

Le préfet Daniel Canepa a toutefois exprimé quelques réserves, mais jamais au point de bloquer le projet. Bertrand Delanoë estime que la Ville a fourni les études demandées et répondu aux réserves du commissaire enquêteur. "François Fillon poste ici un acte partisan : les élus choisis par les Parisiens sont pleinement légitimes pour décider de l'aménagement de leur ville", fustige le maire de Paris.

Avant de donner les premiers coups de pioche, la Ville devait encore obtenir trois autorisations de l'Etat : un arrêté préfectoral relatif à la circulation routière, l'accord des autorités portuaires et plusieurs autres autorisations des Batiments de France puisque l'on touche à des bâtiments et façades historiques.


Nathalie Arensonas

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