Le milliardaire Richard Branson doit se frotter les mains. Le candidat sortant à l'exploitation des 650 kilomètres de lignes ferrées entre Londres et Glasgow avait rué dans les brancards fin août 2012 et saisi la justice après les résultats de l'appel d'offres de cette franchise ferroviaire remportée par FirstGroup pour 13 ans.
Moins mauvais perdants, Keolis, adossé à sa maison mère SNCF, et Abellio, filiale des chemins de fer néerlandais, avaient fait profil bas.

Mais finalement, c'est le secrétaire d'Etat aux Transports en personne, Patrick McLoughlin, qui a décidé le 3 octobre d'annuler l'appel d'offres, invoquant de "graves défauts techniques" dans sa rédaction. Il envisage même de suspendre certains fonctionnaires mis en cause.


Erreurs dans l'évaluation des risques

"Je me vois dans l'obligation d'annuler la compétition de la franchise West Coast en raison d'erreurs graves et extrêmement regrettables de la part de mes services", peut-on lire dans un communiqué du Department for Transport (Dft). Le ministre évoque des erreurs dans l'évaluation du niveau de risque, notamment l'évolution de la fréquentation et des recettes commerciales exigées sur cette ligne.

Il exige d'urgence deux enquêtes indépendantes sur l'appel d'offres de la West Coast Line : la première pour "analyser les dérapages ainsi que les leçons à en tirer", la seconde sur tous les programmes d'appel d'offres des franchises ferroviaires en cours : Great Western, Essex Thameside et Thameslink, qui du coup, sont suspendus. Un sacré coup de torchon sur le juteux marché des franchises ferroviaires britanniques.
Les quatre candidats - FirstGroup qui avait remporté le marché, Keolis, Abellio et Virgin Rail- vont être indemnisés pour les dépenses engagées. La mesure devrait coûter 40 millions de Livres Sterling aux contribuables d'outre-Manche (48 millions d’euros), indique le communqiué du ministère.

Nathalie Arensonas