Irisbus Iveco, filiale autobus et autocars de Fiat, ne produira plus d'autobus en Italie. L'usine du groupe implantée dans les Pouilles, a fermé définitivement ses portes juste avant Noël. Laissant sur le carreau près de 700 employés. En juillet 2011, l'usine espagnole du Dauphin avait déjà subi le même sort.

Conséquence directe de la crise qui touche depuis plusieurs mois les marchés italiens et espagnols (lire) du transport public. L'usine de Valle Ufita produisait depuis 33 ans des autocars et autobus pour le marché italien.
Entre 2009 et 2010, sa production est passée de 1 290 véhicules par an à 445, et les récents plans d'austérité des gouvernements Berlusconi puis Monti qui ont asséché les finances des collectivités locales, ne laissent pas entrevoir de redressement à court terme (lire).

 
"Irisbus n'a jamais gagné une lire"

Mais la crise n'explique pas tout. Interrogés par des journalistes le 14 décembre 2011 sur le devenir de Valle Ufita, Sergio Marchionne, patron de Fiat, a déclaré qu'"Irisbus n'a jamais gagné une lire de son histoire. Les collectivités locales italiennes n'ont pas soutenu leur industrie. La région des Pouilles n'a jamais commandé un seul autobus".

L'avenir d'Irisbus, né en 1999 du rachat par Iveco de l'activité car et bus du groupe Renault et d'Heuliez bus, est-il menacé ? "Pas du tout", selon Antoine Garnier directeur commercial France d'Irisbus qui souligne que les propos de Sergio Marchionne ne concernent que l'activité italienne du groupe. En 2011, Irisbus aura produit et commercialisé environ 7 000 autocars et autobus soit autant qu'en 2010.

 
Peu de conséquences pour l'industrie française

Le groupe va donc concentrer sa production dans ses trois usines européennes restantes, celle de Vysoké Mýto en République thèque (la plus importante avec une production annuelle de plus de 3 000 véhicules) et celles d'Annonay et de Rorthais, d'où sortent respectivement 1 400 et 480 cars et bus par an (1).
Au total, Irisbus France emploie 1 900 salariés. Pour Antoine Garnier, la fermeture de Valle Ufita ne devrait pas avoir d'influence négative sur la production française de cars et bus. "Elle peut même avoir des conséquences positives si les marchés italiens et espagnols se redressent".

Car l'activité des usines françaises est avant tout soutenue par la bonne tenue du marché français qui année après année bat des records. "En 2011 les immatriculations de cars et bus de plus de 3,5 tonnes a progressé en France de 15 à 20% et devrait atteindre 6300 unités", assure Irisbus.
Depuis cinq à six ans, le niveau moyen des immatriculations d'autobus urbains oscille entre 1 700 et 1 800 soit 500 à 600 de plus qu'au début des années 2000.

Il n'en reste pas moins que la fermeture de Valle Ufita relance les rumeurs de vente d'Irisbus. Certains quotidiens italiens évoquent la piste de constructeurs chinois. Une hypothèse qu'Antoine Garnier balaie d'un revers de main : "Depuis que je suis dans ce métier, j'ai toujours entendu des rumeurs de ce type. Je n'y prête pas attention".
 
Robert Viennet

(1) Irisbus Iveco a également des implantations industrielles en Chine en Argentine et au Brésil.