A l'origine, le renouvellement du contrat de délégation de service public des transports amiénéois, le réseau Amétis, était prévu pour décembre 2011. Mais il a été prorogé jusqu'en mai 2012 pour que la transition entre l'ancien et le nouveau délégataire ne se fasse pas dans l'urgence. Comme cela a été le cas en 2009, quand l'Espagnol Vectalia avait succédé à Veolia.

"Lorsque nous sommes arrivés aux affaires en 2008, nous avons découvert que rien n'avait été préparé pour le renouvellement du contrat. Nous avons donc signé une délégation de service public (DSP) de transition avec Vectalia pour trois ans. Tout s'est fait dans des conditions d'extrême urgence. Ce qui explique aussi un certain nombre de problèmes auxquels nous avons été confrontés", indique Thierry Bonté, vice-président d'Amiens Métropole, en charge des déplacements.
 

Nouvelle DSP en 2012

Cette fois, les élus veulent prendre le temps d'étudier les propositions des deux candidats en lice. A savoir, Keolis et Ratp Dev associé à la SEMTA, une société d'économie mixte locale. Pour sa part, Vectalia a décidé de ne pas concourir à sa propre succession.
Un cas de figure assez rare. "Amiens n'entre pas dans la stratégie de développement et de diversification de Vectalia. Ce groupe souhaite se positionner sur des réseaux urbains plus petits ainsi que sur le transport interurbain", précise Thierry Bonté.

Le candidat retenu sera connu en février 2012. Charge à lui de répondre à deux impératifs : mieux gérer l'entreprise et restructurer le réseau urbain. "Nous souhaitons que l'entreprise fonctionne mieux et de façon plus saine. Dans le précédent contrat, nous avons dû gérer des problèmes sociaux, des dépassements de charges en personnel. Il y a sans doute une réorganisation à mener pour que cette entreprise soit plus efficace".

Autre grand chantier : la refonte totale de l'offre de transport. Avec 29 lignes, dont 17 régulières, Amétis a transporté 11,5 millions de voyageurs en 2011. "Aujourd'hui, ce réseau est archaïque. Il ne correspond plus ni aux évolutions de l'agglomération ni aux demandes des usagers. Par contre, c'est un réseau sain qui a beaucoup de marges de progression".

  
Un TCSP en projet

En effet, la part de marché des transports publics est très faible (6%) pour une agglomération de 180 000 habitants. Soit 55 voyages par an et par habitant. C'est notamment pour accroître cette part mais aussi pour maîtriser, voire réduire l'usage de la voiture, qu'un transport en commun en site propre (BHNS ou tramway) est en projet. "Le mode sera connu au deuxième semestre 2012", selonThierry Bonté. "Nous sommes persuadés que c'est le seul moyen de franchir une étape qualitative et quantitative".

L'idée est de construire un premier axe nord-sud desservant le futur hôpital, de nouvelles zones d'habitation, le centre-ville, une université et une zone industrielle. Une deuxième ligne perpendiculaire permettrait de désenclaver des quartiers à forte densité de population.
Un projet programmé pour 2017 ou 2018 mais soumis à une double condition : "qu'on ait remis le réseau urbain sur les rails et démontré à la population que les transports collectifs sont une véritable alternative de déplacement".

Christine Cabiron