En 2011, l'armée a fourni 450 hommes aux entreprises autocaristes. Une goutte d'eau dans l'océan des besoins en conducteurs : tous les ans, le secteur qui emploie 70 000 salariés (dont 80% de chauffeurs) a besoin de recruter 10 000 personnes, selon les calculs de la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV) qui a signé début juillet une convention de partenariat avec Défense Mobilité.

Ce Pôle Emploi de l'armée accompagne chaque année 15 000 à 17 000 militaires (et leurs conjoints) dans leur projet de reconversion, une fois terminé leur contrat avec la grande muette.

Cette convention est censée faciliter la communication des offres d'emploi des fédérations locales de la FNTV vers les antennes régionales de Défense Mobilité, et l'accompagnement des candidats.
La voilà signée, et en 2013, les deux partenaires espèrent voir doubler le nombre d'anciens militaires (32 ans en moyenne) formés et reconvertis aux métiers du transport routier de voyageurs.


Pas de permis avant 21 ans

Ce n'est pas nouveau, la pénurie de conducteurs dans le transport routier interubain et scolaire est un mal endémique. Et le secteur doit jouer des coudes avec les besoins des transports urbains, également gros consommateurs de personnel de conduite.

L'interdiction de passer le permis de transport en commun - le permis D - avant l'âge de 21 ans n'arrange pas les choses. "De nombreux candidats nous échappent, car entre 18 et 21 ans, ils ont choisi une autre voie, observe Michel Seyt, président de la FNTV. Nous souffrons d'une pyramide des âges défavorable, il y a beaucoup de départs à la retraite et ça ne va pas s'arranger", poursuit-il.
Cela dit, la crise économique actuelle qui met sur le carreau un certain nombre de PME du transport routier de marchandises a permis à celles du transport de voyageurs de trouver des chauffeurs, reconnaît la FNTV.

L'armée est l'un des viviers dans lequel les autocaristes espèrent donc puiser (le transport et la logistique est d'ailleurs le premier secteur de reconversion des militaires puisqu'il accueille environ un quart des 77 000 départs annuels).
Mais tous les militaires ne sont pas titulaires du permis de transport en commun, et ceux qui l'ont doivent de toutes les façons passer la FIMO, la Formation initiale minimum obligatoire. Elle est alors financée par le ministère de la Défense (sous réserve que l'officier ait au moins quatre ans de "maison").
"Les militaires titulaires du permis D sont un avantage inestimable pour nous", relève Michel Seyt expliquant qu'il en coûte environ 6 000 euros de le passer.

Nathalie Arensonas