Candidate pour rallier l’Angleterre, la Deutsche Bahn commence à piaffer. Elle souhaite enfin être fixée sur les règles de sécurité, et notamment d’évacuation des passagers, auxquelles elle devra se soumettre pour faire passer ses trains à grande vitesse ICE dans le tunnel sous la Manche.

La compagnie ferroviaire allemande a déposé son dossier de demande d’autorisation de circulation auprès de la Commission intergouvernementale (CIG) franco-britannique en juillet 2011. Cette demande doit déboucher sur la délivrance d’un certificat de sécurité qui tient compte de la spécificité du matériel Siemens.
Les futurs trains seront formés de deux rames de 200 mètres à motorisation réparties : une rupture avec les standards en vigueur sous la Manche. Depuis plus d'un an, le dossier traîne sans que la DB ait de réelle visibilité sur les échéances.

Certes, entre temps, un événement de taille est intervenu : le futur concurrent d’Eurostar a été contraint de décaler de 2013 à 2015 la date de son arrivée prévue à Londres. La faute au constructeur Siemens qui rencontre des difficultés pour adapter les futures rames aux différents systèmes de signalisation.


Rencontre franco-allemande à Berlin


Mais le gouvernement allemand finit lui aussi par trouver le temps long et redoute une forme de protectionnisme, sous couvert des procédures administratives en France. Ce sujet sensible sera mis sur la table lors de la rencontre à Berlin, demain, entre le ministre allemand des Transports, Peter Ramsauer et son homologue français Frédéric Cuvillier. Les deux hommes doivent en effet faire un tour d’horizon des grands sujets ferroviaires juste avant l’ouverture du salon , du 18 au 21 septembre.

Le ministre français devrait rassurer son collègue allemand… Jusqu’à un certain point. La prochaine réunion du comité de sécurité de la CIG doit se tenir le 20 septembre. Mais, selon nos informations, il n’est pas certain qu’une réponse définitive puisse être apportée à cette occasion. Une autre réunion sera peut-être nécessaire.

"Certitude, le feu vert devrait être donnée à la DB dans les prochains mois, résument plusieurs sources concordantes. Mais toute la question est de savoir à quelles nouvelles adaptations de règles la CIG va soumettre la DB. La composante britannique de la CIG serait encline à être assez tolérante, à l’inverse des Français", toujours selon nos informations.

En fait, pour la DB qui a déjà consenti certains investissements afin d'instruire la demande – elle a dû recourir à une simulation informatique d’évacuation de rames dans le tunnel sous la Manche - l’enjeu de la réponse est financier.
Toute la question, pour l'entreprise ferroviaire allemande comme pour Siemens, est d’être fixés sur le coût d’adaptation des rames qui une fois sortie d’usine, devront ensuite satisfaire à une batterie de tests coûteux. 

Marc Fressoz