« Aujourd'hui on bâtit une stratégie pour la France » C'est avec un brin d'emphase, comme il l'a reconnu lui-même, que Pierre Mongin a annoncé ce 28 octobre  en compagnie de Guillaume Pépy le projet d'accord auquel ils viennent d'aboutir concernant l'avenir de Systra, leur filiale commune d'ingénierie. Un accord pour lequel comme l'a souligné Pierre Mongin l'Etat a joué un rôle important.

Ce projet qui doit encore être soumis aux instances représentatives du personnel et à l'autorité nationale de la concurrence « consisterait à apporter à Systra au terme d'un processus progressif leurs filiales propres d'ingénierie : Inexia pour la SNCF et Xelis pour la RATP. » En additionnant les forces actuelles de chaque entreprise le nouvel ensemble emploiera 3500 personnes et son chiffre d'affaires consolidé atteindra un peu moins de 400 millions d'euros. « Nous avons l'ambition de doubler ce chiffre d'affaire en quatre à cinq ans » a déclaré Pierre Mongin. Pour le président de la RATP cet objectif devrait se réaliser sans trop de difficultés compte tenu de l'explosion actuelle du marché mondial de l'ingénierie du transport public « Il était de 2 milliards d'euros par an en 2002 il est aujourd'hui de 7 milliards. » 

Un nouvel ensemble qui doit trouver ses marques

La nouvelle entité serait détenue à parité par la RATP et la SNCF mais les deux présidents souhaitent ouvrir 5% du capital aux salariés « la seule valeur de l'entreprise » comme l'a souligné Guillaume Pépy. La gouvernance de l'entreprise serait également bouleversée. Un conseil de surveillance et un directoire seraient créés. Pierre Mongin deviendrait le Président du Conseil de surveillance du nouveau groupe, Guillaume Pepy en assurant la vice-présidence. Une alternance des postes est prévue tous les deux ans.

Systra rachèterait Inexia et Xelis en deux temps. Dans une première étape elle prendrait 49% de ces deux entreprises avant d'en prendre le contrôle total. « Notre objectif est de réaliser l'opération en deux ans a précisé » Pierre Mongin.

Si les contours généraux de ce projet d'accord sont clairs il reste encore à peaufiner beaucoup de choses et en informer les salariés des trois entités. Reste aussi à bâtir un nouveau groupe tout en préservant l'activité actuelle de chaque entité.

« Notre objectif est de passer du statut de leader mondial de l'ingénierie du transport public que nous sommes déjà à leader mondial du transport dans toutes ses formes. » ont déclaré les deux présidents.

 Robert Viennet - Transport Public