Après une bataille rangée par medias interposés, Guillaume Pepy, président de la SNCF, et Hubert du Mesnil, patron de Réseau ferré de France, ont été convoqués le 21 avril par Thierry Mariani pour un "recadrage".
Le secrétaire d'Etat aux Transports leur a rappelé qu'ils étaient condamnés à travailler ensemble "dans un objectif de service public" de (leur) deux sociétés, et dans un cadre qui ne changera pas".
Pas question donc de remettre en question la séparation entre le gestionnaire des infrastructures ferroviaires (RFF) et l'opérateur de transport (SNCF), née de la réforme de 1997.

"Le but était d'avoir un entretien franc et cordial pour expliquer que deux sociétés publiques qui se disputent dans la presse, ce n'est pas l'image que l'on attend du service public", a expliqué à l'AFP un proche du ministère. La SNCF et RFF se sont refusés à tout commentaire après la rencontre.


Lignes sous tension 


Les tensions n'en finissent pas de s'accumuler entre les deux groupes, sur fond de retards à répétition, de hausse des péages et d'ouverture à la concurrence du fret, du trafic voyageurs international et à terme des lignes nationales. Dernier épisode en date, qui a suscité ce rappel à l'ordre : le dépôt d'un recours contre RFF par la SNCF devant l'Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf), gendarme du rail en activité depuis fin 2010 (lire).

Fin mars , Guillaume Pepy avait affirmé que le système ferroviaire articulé autour de la SNCF et de RFF se dirigeait "vers une impasse financière". "Notre système RFF-SNCF n'a pas d'avenir. Ce modèle n'optimise pas la dépense collective", déclarait-il alors au journal Le Monde.
De son côté, Hubert du Mesnil indiquait-il aux Echos que "le problème fondamental est que le réseau ferroviaire manque de ressources" (lire)

 "L'entretien s'est bien passé mais le message est clair. J'ai rappelé le système issu de la loi de 1997 et le cadre dans lequel ils doivent travailler ensemble, explique Thierry Mariani. "Les priorités du gouvernement sont d'améliorer la qualité du service, de redresser la situation du fret ferroviaire et de mener à bien la rénovation du réseau (...) Et les souhaits d'avenir, à savoir préparer l'évolution du secteur vers une ouverture progressive à la concurrence et poursuivre l'évolution de l'organisation du secteur", ajoute-t-il.

Un discours cousu main pour plaire aux milliers d'usagers du train bien malmenés ces derniers temps.

Nathalie Arensonas (avec AFP)