"Si nous appelons à la mobilisation, c'est qu'à aucun moment la question essentielle a été posée: y a-t-il intérêt et pertinence à ouvrir ces réseaux ferrés à la concurrence?", a déclaré, lors d'une conférence de presse le 8 juin 2011, Gilbert Garrel, secrétaire général de la CGT, qui réclame "un débat public".

Les quatre syndicats cheminots protestent contre la perspective du rapport Grignon sur l'ouverture des trains régionaux (TER) à la concurrence (lire) et refusent "les orientations actuelles sacrifiant le service public à l'aune de la rentabilité financière et au détriment des contribuables".

Francis Grignon, sénateur UMP du Bas-Rhin, a remis le 30 mai 2011 au gouvernement un rapport dans lequel il préconise l'ouverture à la concurrence des réseaux ferrés régionaux (lire son interview et l'article sur le volet social de cette libéralisation).

Pour les syndicats, le postulat de départ du sénateur Grignon selon lequel cette ouverture à la concurrence est une obligation, imposée par le règlement européen sur les Obligations de service public (OSP), est un "faux postulat" qui ne "relève que d'un choix politique".

L'exemple du fret SNCF est révélateur, selon eux, de la volonté délibérée de dégrader la qualité du service. Ils expliquent qu'après cinq années d'expérience d'ouverture à la concurrence, "le fret s'est effondré". Il est
passé de 56 GT/km (milliards de tonnes par kilomètre) en 2000 à 20 GT/km en 2011 avec 15 000 emplois supprimés.


"Hold up des services publics"

Pour les organisations syndicales représentatives de la SNCF, cela a permis à la direction "d'abandonner les transports de messagerie (colis), ce qui a conduit à reporter l'ensemble de ces trafics sur la route, soit plus de deux millions de camions supplémentaires (...) l'inverse des préconisations du Grenelle de l'environnement", fustigent les syndicalistes.

"Le rapport Grignon prépare un nouveau hold up des services publics", a déploré Marc Baucher de l'Unsa-Cheminots, expliquant que la manifestation du 16 juin débutera devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE) où se tiendra le même jour un colloque sur ce rapport.

NA (avec AFP)