En courcuitant l'événement du jour - le lancement des voitures en libre-service Autolib' par Bertrand Delanoë, le maire socialiste de Paris - pour inaugurer les nouvelles rames à deux étages du RER A, l'une des lignes les plus saturées du réseau de transport francilien (lire l'encadré), Nicolas Sarkozy avait semé la panique dans l'agenda des élus franciliens.

Au premier rang desquels Jean-Paul Huchon, président de région et du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) qui a toutefois réussi à se dédoubler : après un voyage inaugural avec le chef de l'Etat à bord d'une rame à deux étages du RER A entre Vincennes et la Défense, il a filé place du Châtelet pour rejoindre Bertrand Delanoë et Vincent Bolloré, gestionnaire d'Autolib'.
Evitant d'assister au discours du président de la République sur la "modernisation des transports urbains", en Ile-de-France notamment.


Plus de partenariat RATP-SNCF

Devant environ 2 000 personnes, élus et salariés de la SNCF, RATP et Réseau ferré de France (RFF) convoqués au CNIT, Nicolas Sarkozy a passé en revue et avec force détails les problèmes et perspectives de chacune des lignes de RER, notamment la rénovation des infrastructures du RER C, datant parfois des années 1920.

Il a demandé plus de partenariat entre la RATP et la SNCF pour la ligne A du RER (la RATP en gère 85%, la SNCF 15%) comme cela est déjà un peu le cas sur la ligne B où des conducteurs de la SNCF peuvent conduire de bout en bout de la ligne, et inversement.
Selon Pierre Mongin, patron de la Régie, un directeur commun aux deux entreprises, désigné en alternance, pourrait prochainement prendre les commandes de la ligne B. Avec un poste de commandement centralisé unique pour unifier la prise de décision et fluidifier l'information voyageurs en cas de perturbation.


"La crise doit nous obliger à investir"

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'un président de la République ne devait "pas simplement s'occuper des grands problèmes stratégiques" mais "aussi de la vie quotidienne" des gens.  Et si selon lui, "la crise doit nous obliger à investir et ne doit pas être un prétexte pour abaisser la qualité de service ", il s'est contenté de faire le bilan des investissements réalisés depuis le milieu des années 2000 pour améliorer les transports publics en Ile-de-France (RER A, B, D, E, projet du Grand Paris Express, ligne 13 et 14 du métro,). Sans faire de plus amples annonces.

Evoquant les deux appels à projets de transports en site propre (TCSP) de province, il a rappelé qu'à l'occasion du Grenelle de l'Environnement, le gouvernement s'était engagé à multiplier par cinq le kilométrage des réseaux de tramways, métros et bus en site propre hors de l'Ile-de-France, soit 1 800 km à l'horizon 2020 pour 2,5 milliards d'euros de subventions.
Et qu'à ce jour, l'Etat s'était engagé à hauteur de 1,3 milliard d'euros pour la mise en chantier de 1 000 km de TCSP d'ici à 2013. Quid d'un troisième appel à projets réclamé par les élus du transports réubis au sein du Gart (1) ? Nicolas Sarkozy n'en a dit mot, se félicitant même d'une "avance " par rapport aux objectifs du Grenelle.

Nathalie Arensonas

(1) Groupement des autorités responsables de transport est présidé par Roland Ries, sénateur-maire socialiste de Strasbourg et conseiller transport de François Hollande (lire).