Outre le budget pour 2014 et la hausse tarifaire de 3% déjà annoncée, les élus du Stif devraient adopter lors du prochain conseil d'administration de l'autorité organisatrice des transports franciliens, "une délibération portant sur la sortie du diesel pour les  bus", a déclaré Pierre Serne, qui y voit "un bon signal et pour l'industrie et pour la santé".

Cela concerne la flotte des 4 500 bus de la RATP qui desservent Paris et la petite couronne, ainsi que les 4 500 bus d'Optile (transporteurs privés en délégation de service public) qui desservent la grande couronne. "C'est la concrétisation d'un vœu du Stif d'il y a un an, voté à l'unanimité, opposition comprise", a souligné l'élu écologiste.

"A l'horizon 2025, l'ambition est que ne circulent plus en Ile-de-France que des bus, soit électriques, soit au biogaz (de la filière méthanisation, encore balbutiante en Ile-de-France, ndlr)", a-t-il expliqué. "Et les 12 ans d'ici 2025, c'est à peu près la durée de vie d'un bus", a-t-il fait valoir, ce qui va permettre un renouvellement étalé de la flotte.

Ainsi, "à partir du vote de la délibération, tous les appels d'offres devront être en hybrides (électrique et diesel) ou en GNV (gaz naturel pour véhicule)", a précisé M. Serne, ajoutant que "les commandes en cours ne seront évidemment pas annulées, on ne va pas payer des dédits de contrats".


Le diesel au menu des municipales à Paris

Le renouvellement "accéléré" en bus propres va connaître "une montée en puissance progressive". Le Stif "prendra a sa charge le surcoût", a dit le vice-président, car ces nouveaux bus sont plus chers que ceux au diesel et l'accélération voulue a aussi un prix.
"Rien que pour 2014 et 2015, cela représente 700 bus à renouveler pour la RATP et on va leur demander d'acheter uniquement des bus GNV ou hybrides : c'est un énorme signal pour la filière constructeurs", a affirmé l'écologiste qui espère aussi que les coûts des bus propres baissant, cela permettra à des réseaux régionaux moins importants d'y adhérer.

L'année écoulée entre le vœu et cette délibération a été mise à profit "pour travailler avec Airparif et les constructeurs", a-t-il ajouté. "Français et Européens ont quelques années pour mettre sur pied des filières".

Le vice-président du conseil régional d'Ile-de-France en charge des transports ne doute guère de l'unanimité politique autour de ce texte, au regard des prises de positions des candidates PS Anne Hidalgo, et UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, en faveur d'une sortie du diesel.

(AFP)