Dans un communiqué, la RATP indique que le conseil d'administration estime que cette mise en examen "n'est pas de nature à entraver l'exercice normal de ses fonctions en qualité de pdg", les faits présumés ayant été "accomplis dans un cadre étranger à l'exercice de ses actuelles fonctions".
"La position de l'Etat au sein de ce conseil (exprimée par le commissaire du gouvernement) est commandée par le critère de l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés et de ses clients. Elle repose en outre sur le principe fondamental de la présomption d'innocence", précise encore la régie publique.
  
Toutefois, les administrateurs ajoutent qu'"il conviendra naturellement de rester attentif au suivi de la procédure et le conseil d'administration devra être tenu informé et, le cas échéant, amené à délibérer si nécessaire".

Pierre Mongin a été mis en examen le 12 septembre 2013 pour détournements de fonds publics par les juges enquêtant sur le financement de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995. Ils cherchent à savoir si les fonds spéciaux de Matignon ont servi à un financement occulte de cette campagne.
Le patron de la RATP était alors chef de cabinet d'Édouard Balladur à Matignon, et était en charge de la gestion de ces fonds spéciaux, autrement dit de l'argent liquide distribué par Matignon sans justification aux différents ministères.

L'ex-trésorier d'Édouard Balladur, René Galy-Dejean, avait affirmé aux juges que Pierre Mongin lui avait remis en 1995, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle, "trois millions (de francs) en petites coupures" (environ 450 000 euros) qu'il avait dû ensuite apporter au siège du Crédit du Nord.

Pierre Mongin a toujours nié avoir donné une telle instruction, et a lancé une procédure pour faux témoignage.

(avec AFP)